sa jeunesse
Sa mère, Simone Bouyer, dite Monette, est employée chez Baumann, un fleuriste du boulevard du Montparnasse et son père, Honorio Colucci, originaire de la région de Naples en Italie, est peintre en bâtiment. Ce dernier décède en 1947 à 37 ans d'une poliomyélite[1] et son épouse doit élever seule ses deux enfants avec un maigre salaire. Monette, Michel et Danièle, qui a un an et demi de plus que son frère, vivent à trois dans une pièce et une cuisine[2]. Sa mère malade les emmène pendant ses traitements à Berck.
Jeune, Michel traîne à Montrouge, dans la banlieue sud de Paris, où avec ses copains, il prend goût à la musique[3]. Les études ne le passionnent pas, et ne le mènent guère plus loin que le Certificat d'études primaires qu'il obtient en juin 1958[4]. S'en suivent alors de nombreux petits boulots, qu'il n'arrive pas à garder bien longtemps.
En 1964 il est incorporé dans le 60e régiment d'infanterie de Lons-le-Saunier, où il fait de la prison pour insubordination. De retour à la vie civile, il travaille comme fleuriste avec sa mère dans la boutique qu'elle vient de créer dans le quartier de la Gare de Lyon. Mais il trouve ce travail peu intéressant et le quitte, ce qui lui vaut de se brouiller avec sa mère.
À la fin des années 60, il décide de se lancer dans la musique. Il interprète entre 1966 et 1967, des chansons de Boby Lapointe, Boris Vian, Georges Brassens, Léo Ferré ou encore Yves Montand, aux terrasses des cafés des quartiers de la Constrescarpe et de Saint-Michel aux côtés de son groupe « Les Tournesols » (autre nom : les « Craignos Boboys »), avec France Pellet et son frère, Alain Pellet.
Mais il n'est pas très doué et se « recycle » dans l'humour pour rire de tout, car selon lui « Pleurer de tout, c'est crevant ». Il rencontre à cette époque un trio de musiciens fidèles, Xavier Thibault, Jacques Delaporte et Jean-Claude Dagostini, dit Le Bœuf, qui l'accompagneront sur scène et lui apprendront les instruments.
Tout en étant plongeur, il se produit sur la scène d'un cabaret Chez Bernadette, dans le quartier de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris. Il y fait la connaissance de Georges Moustaki, qui l'héberge et le soutient financièrement. Il travaille ensuite au cabaret La Méthode, rue Descartes, toujours à Paris, en tant que barman et régisseur. C'est dans cet endroit qu'il rencontre Romain Bouteille, qu'il présentera toute sa vie comme son modèle[5].